Les poètes de la Grande Guerre 1:Siegfried Loraine Sassoon.


A quel moment se  produit cette rupture où des hommes prennent conscience de la vanité de leurs actes?  A quel moment des hommes désabusés changent complètement le cours de leur existence ?
Pourquoi un valeureux soldat refuse-t-il soudainement de porter les armes ?
Pourquoi la poésie chasse-elle la haine et bouleverse la vie des hommes ?
Le cas de Siegfried Loraine Sassoon poète anglais, illustre bien cette fracture.
Cela se passe durant la Première Guerre mondiale. Guère morbide et macabre où la vertu fit place à l’ horreur.

Siegfried Loraine Sassoon allait devenir un combattant féroce, courageux et téméraire. Ses exploits de guère seront légendaire. En effet, il prit à lui seul toute une tranchée de soldats allemands. Son courage suicidaire lui valut le surnom de   « Mad Jack ».

Pourtant, Sassoon devint poète. Confronté à la mort de son ami David Thomas Cuthbert, il entra dans une profonde dépression et se révolta contre la guerre.
Ses engagements littéraires et ces poèmes influencèrent d’autres compatriotes: les poètes anglais de la première guerre mondiale.

How to Die

Dark clouds are smouldering into red
While down the craters morning burns.
The dying soldier shifts his head
To watch the glory that returns;
He lifts his fingers toward the skies
Where holy brightness breaks in flame;
Radiance reflected in his eyes,
And on his lips a whispered name.

You’d think, to hear some people talk,
That lads go West with sobs and curses,
And sullen faces white as chalk,
Hankering for wreaths and tombs and hearses.
But they’ve been taught the way to do it
Like Christian soldiers; not with haste
And shuddering groans; but passing through it
With due regard for decent taste.

Biographie succincte de Siegfried Sassoon

Sassoon naquit le 8 septembre 1886 dans la ville de Weirlrigh a cote de Paddock Wood dans le Kent. Il fréquenta le collège de Marlborough, puis celui de Cambridge, mais n’obtint aucun diplôme. Il mena une vie de gentleman chassant, pratiquent divers sports, et écrivant de la poésie. À l’époque sa poésie ne connut aucun succès.

À l’aube de la première guère mondiale il s’engagea dans l’armée poussé par une ardeur patriotique.

En mai 1914 il rejoignit un bataillon en France et c’est la qu’il, rencontra Robert Grave un autre poète une forte amitié allait unir les deux futures célébrités.

La rébellion de Sassoon

A la suite d’une convalescence après une blessure, il refusa de reprendre les armes et adressa une célèbre lettre : « Déclaration d’un soldat ».
L’arme ne pouvait le condamner pour lâcheté, car c’était un héros de guerre décoré pour sa bravoure. En effet les exploits de guerre de Sassoon étaient légendaires.
Pour atténuer l’impact que pouvait avoir Sassoon sur les soldats, il fut déclaré atteint de dépression.
L’homme qui mena une insouciante avait découvert à la guerre, non pas la haine, mais la misère humaine.  Il ne sera plus jamais le même.

Sassoon eut une influence sur Wilfred Owen un homme célèbre auquel sera consacré le prochain, post.

Vous trouverez ci d’autres poèmes de Sassoon .

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9 commentaires pour Les poètes de la Grande Guerre 1:Siegfried Loraine Sassoon.

  1. hmida dit :

    Dès que je découvre un nouveau blog tenu par un compatriote, je me sens fier d’appartenir à cette belle communauté.

    Quand le blog aborde des sujets sérieux de manière sérieuse, je suis encore plus fier.

    Je reviendrai donc souvent me plonger dans tes écrits pour en tirer la « substantive moelle »!

    Bonne continuation.

  2. hmida dit :

    Pour pourmieux connaitre la communauté bloguique marocaine et faire connaître ton blog auprès des autres blogueurs, je te conseille de le faire référencer auprès de MarocBlog dont voici le lien :

    http://www.maroc-blogs.com/

  3. Salim dit :

    @hmida
    Merci beaucoup pour ton commentaire et tes encouragements. Je viens de proposer mon blog a Maroc-blog.s

  4. Salvadorali dit :

    Salim

    Être accueilli par Koestler et Shakespeare, je reconnais qu’il y a pire😉
    L’Homme est malheureusent pour son espèce, capable de s’élever au-dessus des horreurs de la chair quand elle est mise à nue… Pas simple, la condition humaine !
    Je garde un souvenir âcre de « La conquête du courage », ce fameux épisode romancé par un certain Stephen Crane de la Guerre de Sécession nord américaine, où il ne s’agissait que de hurler la rage qu’il faut mettre dans un assaut à la baïonnette contre une ligne de soldats ennemis qui sont en fait des voisins, parfois des cousins et qui auraient pu être des amis si la guerre ne les avait pas jetés dans l’autre camp… C’était le lyrisme brutal et primaire du plus célèbre poème philosophique de l’humanité : tuer ou être tuer !
    Rien à voir en vérité avec Apollinaire…
    Pour le somptueux poème de S. Sassoon, le clip m’a hélas confirmé que la poésie se passe bien d’être chantée, surtout des vers pareils et de telles images en illustration.
    Bref je n’aimerais pas me retrouver dans une tranchée, trop peur d’y perdre mon humanité…

    • Bonjour Salvadorali (et bravo pour ce blog Salim),
      Je réagis juste au commentaire concernant le clip: ce qui est chanté n’est pas un poème de Sassoon mais une chanson de Coldplay qui n’a pas grand chose à voir avec le poème « How to Die ».
      Je suis moi-même musicien, et pratique la « mise en musique » de poésie assez fréquemment (dont des poèmes de Sassoon). Si je comprends fort bien qu’on apprécie un poème pour lui-même, je pense que la poésie chantée en est une interprétation, tout comme la récitation (par l’auteur ou un(e) autre). Dans les deux cas, l’interprétation peut être réussie, ou pas. J’aime beaucoup, pour ma part, entendre des interprétations différentes d’un même poème, et ne me prive néanmoins jamais du plaisir de sa lecture silencieuse (ou à voix haute).
      Cordialement,
      Sergerémy

      • sergerémy dit :

        Mince, mon commentaire a été enregistré automatiquement sous le blog de ma fille!
        Ce n’est donc pas enKsucré qui a écrit le commentaire ci-dessus, mais bien moi, Sergerémy!

      • Abdesselam dit :

        @+ sergerémy
        Merci pour ta réaction et tes précisions. Honnêtement, je pensai avoir vérifié la concordance du chant et du texte. Apparemment ce n’était pas le cas. Toutefois, je garde le clip et rajouterais ultérieurement une précision.
        Effectivement, un poème chanté peut être une réussite ou pas. Cela dépend du génie ou du talent du compositeur.
        En ce qui concerne le cas particulier de ce poème de Sassoon, honnêtement je trouverai un attrait même à des chants indigents. Je considère que la personne qui a composé une musique ( même pauvre) sur ce poème a certainement eu une émotion à transmettre. Cela me suffit.
        cordialement

  5. Salim dit :

    @ Salvadorali:
    J’aime assez bien les comédies de Shakespeare : le songe d’une nuit d’été, la nuit des rois. En ce qui concerne la phrase : » La vie est une fable, racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, Et qui ne signifie rien » ; c’est une phrase qui m’avait beaucoup m’impressionné.
    En effet quand j’avais 14 ou 15 ans quelqu’un de ma famille m’avait vivement conseillé de lire le livre « le bruit et la fureur3 de William Faulkner. J’ai trouvé le livre très médiocre, mais avaiS apprécié la phrase qui a fourni le titre du roman de Faulkner. Même chose concernant « le zéro et l’infini ». J’avais trouvé le roman très médiocre. Quant à Koestler ou Faulkner honnêtement j’avais complètement oublié leur existence. Apparemment ils ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables. Tu noteras que le blog se nomme « zéro et infini » et non pas « le zéro et l’infini » comme le titre réel du livre.
    J’ai beaucoup hésité avant de mettre ce clip. Car il fait un peu gneu-gneu. Mais bon je lui trouve un côté naïf et attachant. De plus, il prouve que plusieurs décennies après la première guerre mondiale des jeunes et ou moins jeunes chantent avec leurs moyens et leurs sincérité ce genre de poèmes. Etant devenu plus indulgent avec l’âge, je l’ai gardé.
    Mais je t’assure qu’il réellement pire regarde a ces liens.


    La guerre de tranchées fut une des expériences humaines les plus dégradantes. Perd-on son humanité pour autant ? Question qui me dépasse. Beaucoup en tout cas comme Sassoon, au contraire la retrouvèrent. Mon second post « la trêve de noël »: ne prouve-t-il pas que même dans la tranchée les pires ennemis peuvent pour même si c’est pour un temps très court, redresser la tête pour retrouver cette dignité tout humaine. En fait ceux qui ont perdu toute dignité humaine, ce ne sont pas les soldats des tranchées, mais bien ceux qui les y ont envoyés. Comme toi je n’aimerais pas me retrouver dans les tranchées, mais moi par pure couardise je l’avoue.
    Merci pour ton commentaire.

  6. Ping : Les philosophes Anglo-Saxons du XVIIIe et XIX siècle 7: Introduction sommaire à l’utilitarisme. | zero et infini

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