Les philosophes Anglo-Saxons du XVIIIe siècle 3: William Godwin sa vie, son œuvre 2

William GodwinWilliam Godwin sa vie, son œuvre : son œuvre.

« An Inquiry concerning Political Justice*» est la grande œuvre de William Godwin. C’est un livre éclatant dont la finalité est une communauté de personnes sans autorité oppressive et qui repose sur l’altruisme vertueux

Ce livre s’articule autour de grandes pensées extrêmement avancées par rapport à leur époque. L’une des caractéristiques de ces pensées outre leur génie est de s’opposer aux idées majeures du christianisme.
Il ne faut pas voir Political Justice comme une œuvre politique, mais comme une œuvre qui veut reformer la vie civile.
3 éléments au minimum sont nécessaires pour comprendre la pensée de W.G :
En premier lieu : Une formation de prêtre calviniste rigoureuse où l’usage de la raison est déterminant. Le père de WG était lui même prêtre de la secte de Glassite une secte dissidente qui prêche la redistribution des biens aux pauvres.
Cet usage exclusif de la raison est le commencement d’une pensée moderne laïque qui s’oppose à la pensée théologique dirigée par la foi.
En second lieu : l’introduction d’un nouveau concept du développement humain, en avance sur l’époque.
Selon l’auteur un enfant né neutre. C’est l’éducation qui va le former. Ainsi, deux enfants nés dans des contrées différentes, mais ayant subi la même éducation auront les mêmes pensées.  William Godwin Aboli le rôle de la génétique, du climat, ou du l’environnement géographique.
Ceci s’oppose radicalement au concept du péché originel chrétien et du droit naturel en particulier le droit divin.
Ainsi constate-t-il des hommes de pays différents auront des versions contradictoires d’un même fait alors que la vérité est unique. Il explique ce fait  par la différence d’éducation.
En troisième lieu, l’introduction d’une morale nouvelle : l’utilitarisme.
La morale prédominante est la morale chrétienne elle-même dérivée de la morale platonicienne à laquelle L’allemand Kant va apporter une dimension universelle. Cette morale repose sur le concept de bien et de mal.
Le bien est non seulement universel, il est également valable en tout temps.
WG introduit l’élément d’utilité. Un acte n’est pas mauvais ou bon en soit. Il l’est par rapport à son apport utile au bien-être général. Le bien-être général est la préoccupation majeure de W.G.

Les grandes lignes de Political Justice :

Un élément historique est nécessaire pour appréhender les fondements de « Political Justice » : le système corruptif parlementaire sous Georges III  et la déception de la révolution anglaise de 1668.

La révolution de 1668 avait affaibli le pouvoir du roi au profit du parlement. Toutefois avec l’avènement du roi Georges III  les choses vont changer. C’est un homme autoritaire sans aucun génie. Son ambition est de redonner le pouvoir à la monarchie. Pour contrôler le pays, il s’assure le soutien de parlementaire en les achetant par la corruption.
Par ailleurs, la colonie américaine commence à se révolter contre la métropole. Une campagne miliaire en Amérique coute cher. Georges III va lever des impôts d’une part pour financier sa corruption d’autre part pour mener la répression en Amérique du nord.
Ces impôts  vont frapper essentiellement les pauvres précipitant le peuple dans la précarité que la révolution industrielle va transformer en paupérisation.
Les pauvres deviennent  de plus en plus pauvres et nombreux tandis que les riches de plus en plus rares, mais de plus en plus riches.
Ajoutant à cela une justice, une administration qui ne servent que les intérêts que des plus riches.
C’est peut-être cet état de délabrement des mœurs politiques et administratives lié à ce système de gouvernance qui a conduit WG à élaborer les théories de Political Justice.
WG constate donc que tout système politique, même démocratique parlementaire avec la séparation des pouvoirs, finit par se pervertir  dans la corruption et servir une minorité aisée et influente.
Aussi préconise-t-il un système où toute forme de gouvernement est écartée. Une communauté d’humains sans gouvernement, basée sur les échanges et la mise en commun des biens.
Dans ce système de communauté  les personnes vont travailler très peu et profiter plus de loisirs.
Les problèmes de la communauté seront réglés par un groupe de personne nommée de façon temporaire.
Dans cette communauté la propriété  serait supprimée.
Aussi pour rétablir les équilibres sociaux Godwin nous dit qu’une personne aura le droit de se prendre chez un autre ce dont elle a besoin.
Beaucoup y voient là les fondements de l’anarchisme.
Trois moyens pour accéder au progrès:
Après avoir affirmé que l’enfant né neutre sans influence pré déterminée divine, Godwin propose trois voies pour le progrès humain.
La littérature, l’éducation et la justice politique.
La littérature est un puissant moyen pour isoler la vérité des erreurs. Ce sont les écrivains qui ont démontré la supériorité d’un gouvernement libre sur un gouvernement despotique.
Toutefois, la littérature ne peut remplir son devoir dans un pays dominé par la tyrannie, l’inégalité des richesses. Les pauvres ne peuvent accéder à la littérature, car soit, ils ne sont pas éduqués ou soient ils n’ont pas le moyen d’acheter des livres ou ne possède pas le niveau culturel élevé, soit encore ils  n’ont pas le temps de lire.
Les bienfaits de l’éducation sont reconnus par tous . Et surtout celle-ci a l’avantage de prendre l’homme à sa naissance. Toutefois l’éducation si elle aide au développement de l’homme, elle l’abandonne par la suite.

Les institutions politiques ont, sur la littérature, cette supériorité d’embrasser dans leur étreinte tous les citoyens d’un Etat, et sur l’éducation cet avantage de les maintenir sous leur règle depuis la naissance jusqu’à la mort.
Ce sont les institutions qui façonnent l’âme des hommes. Et si l’histoire de l’humanité jusqu’à l’heure présente n’est que l’histoire de ses vices et de ses crimes, la responsabilité en pèse sur les gouvernements et les lois.

Autres éléments importants de Political inquiry.

Godwin nous met en garde contre les promesses, les contrats  et tout ce qui lie les personnes a des institutions.
Les promesses nous dit-il limitent les possibilités du futur. Une promesse par principe doit être tenue. Ainsi, une personne liée par une promesse a des potentialités de choix réduits. Ce qui nuit donc a l’épanouissement humain. Même chose pour le mariage et la vie commune.
Godwin nous dit encore qu’il faut faire usage de la raison et du dialogue en toute circonstance.
Il rejette également la coercition et la tyrannie. (La tyrannie appelle la tyrannie).
L’utilitarisme selon Godwin sera traité dans le prochain article.

* Enquête sur la justice politique et son influence sur la vertu et le bonheur en général (An Inquiry concerning Political Justice, and its influence on General Virtue and Happiness)

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