Emmanuel Kant: Introduction à sa pensée philosophique 3: Mélancolie et profond désarroi du XVIe siècle.

Kant

Kant est un des acteurs clef de la transition entre deux mondes :
le monde moribond des anciens qui va être pulvérisé par lesgrandes découvertes scientifiques et un autre  naissant  qui sera à l’origine  de la belle aventure  européenne dont l’aboutissement sera la Révolution française et la Déclaration des droits de l’homme.
Éclatement de l’harmonie du cosmos et disparition  monde « des anciens ».
Cette  transition qui commence dés le XVI Eme siècle va se faire dans une profonde douleur.
En effet on croyait avec les stoïciens en un monde homogène sous la douceur d’un cosmos lui-même en harmonie avec l’univers en entier.  Cette rassurante vision du monde donnait un sentiment  de sécurité aux esprits qui voyaient en ce cosmos harmonieux une sorte de nid douillet protecteur et bienveillant.
Toutefois avec les découvertes scientifiques de Kepler, Copernic et Galilée ce monde sera pulvérisé. L’idée d’un monde fini et harmonieux  cède la place à un univers chaotique et infini.
Les Européens de l’époque seront pris d’une lourde et vertigineuse angoisse. Ce désarroi  sera retrouvé dans les œuvres  des poètes et des écrivains de ce siècle.
Chez Montaigne :
« Le ciel et les étoiles ont branslé trois mille ans, tout le monde l’avoit ainsi creu, jusques à ce que Cleanthes le Samien, ou (selon Theophraste) Nicetas Syracusien s’advisa de maintenir que c’estoit la terre qui se mouvoit, par le cercle oblique du Zodiaque tournant à l’entour de son aixieu. Et de nostre temps Copernicus a si bien fondé cette doctrine, qu’il s’en sert tres-reglément à toutes les conséquences Astrologiennes. Que prendrons nous de là, sinon qu’il ne nous doit chaloir lequel ce soit des deux ? Et qui sçait qu’une tierce opinion d’icy à mille ans, ne renverse les deux precedentes ? »
Les Essais (1580-1592), II, 12, « Apologie de Raymond Sebond ».

Chez pascal : essais :
« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. »

Chez Pontus de Tyard (1521-1605), Premier livre des erreurs amoureuses, 1549-1555:
La haute Idée à mon univers mère,
Si hautement de nul jamais comprise, M’est à présent ténébreuse Chimère.
Livre des erreurs amoureuses, 1549-1555.

Est  surtout chez John Donne dans le poème Philosophie nouvelle philosophie:

Comme l’humanité, la structure du monde
Est disloquée […]
Et la philosophie nouvelle met tout en doute :
L’élément du feu est éteint ; comme la terre,
Le soleil est perdu, et l’esprit de nul homme
Ne peut nous indiquer où l’on peut les trouver.
Et c’est bien confesser que ce monde est usé

Que de chercher au ciel et parmi les planètes
Tant de mondes nouveaux : on voit que celui-ci
S’émiette et, retournant à l’état des atomes,
Vole en éclats, toute cohérence abolie

And new philosophy calls all in doubt,
The element of fire is quite put out,
The sun is lost, and th’earth, and no man’s wit
Can well direct him where to look for it.
And freely men confess that this world’s spent,
When in the planets and the firmament
They seek so many new; they see that this
Is crumbled out again to his atomies.
‘Tis all in pieces, all coherence gone,
An Anatomy of the World by John Donne

Un monde meurt, un autre renait et avec lui va débuter la belle aventure des penseurs et philosophes occidentaux.

Cet article, publié dans Morale, Philosophie, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s