Petites affaires entre vertus, morales et passions 3 : Les paramètres d’un énoncé philosophique, le phénomène de clonage.

Pour ceux qui suivent mes écrits en dehors de mon blog, cet article vient en remplacement du précédent intitule :  petites affaires entre vertus, morales et : Les paramètres d’un énoncé philosophique.
Dans un monde qui devient violent, et où les passions et les intérêts  personnels l’emportent sur la raison et la morale, il m’a paru nécessaire de faire une mise au point  à travers cet article.
Il met en évidence l’erreur fréquente des philosophes, mais également des tenants de puissance intellectuelle, faire fi de la complexité  de la nature humaine. Emmètre une théorie philosophique qui tend à améliorer la condition humaine, sans en tenir compte, est une grave erreur. L’un des aspects de cette erreur est le phénomène de clonage. Cet article aurait du inaugurer les publications commencent il ya quelques mois. Mais il ne s’imposait pas au début.  Actuellement il est nécessaire.

Quand on propose un énoncé philosophie trois éléments au moins doivent être pris en considérations :
L’énoncé lui-même. La personne qui émet  la proposition. Le public à laquelle s’adresse la proposition. Faute de prendre en considération ces paramètres, l’énoncé risque d’être mal compris, mal interprété, mal appliqué, avec finalement une efficacité compromise.
L’énoncé lui-même peut être interprété de diverses manières. L’énoncé demeure, quel que soit son contenu, un ensemble de mots qui peuvent être interprétés de façon différente en fonction des sensibilités personnelles. De plus un énoncé philosophique, est souvent  composé de sous-ensembles, c’est-à-dire de propositions secondaires. Ces propositions secondaires sont elles-mêmes porteuses de significations. L’intrication des notions  principale et secondaire peut aboutir à des interprétations inattendues, parfois contradictoires. Du moins non prévue par le philosophe.
Ainsi si on définit la morale comme « le respect des autres avec une proportion de bienveillance voire de bonté », le sens peut en être complètement changé en fonction de l’importance que l’on donne aux mots respect, bienveillance, et bonté.
Dans cette définition on trouve les mots clés suivants : morale, respect, proportion, bienveillances, autres.
Chacun de ces mots, nécessite d’être bien compris  et la portée de sa  signification bien analysée. Le philosophe a une idée précise du sens qu’il veut donner à chacun de ces mots. Mais il n’en est pas  de même du lecteur, qui peut interpréter chacun de ces mots de façon différente
le résultat est différent selon l’importance que donne le lecteur  au sens de chaque mot.
Si le mot bonté a une forte importante, la morale peut s’apparenter à une sorte de bienveillance étouffante. Dans ce cas de figure, la personne qui dispense la bonté se trouve supérieure à la personne qui la reçoit. la bonté condescendante. L’image caricaturale est celle du bon samaritain plein de dévotion pour vous secourir.
Si le mot respect est perçu comme le plus important, nous nous retrouvons dans un autre cas de figure.  Le respect de la froideur, ou du mépris. Trop de respect peut a l’inverse conduire  à la bassesse voire même à servilité. « Respectueux  jusqu’à l’obséquiosité » pour paraphraser Gustave Flaubert.
En réalité il faut, dans un énoncé philosophique, faire attention, non seulement la teneur et à la force des mots, mais également, à la façon dont ils vont s’intriquer.
Seul le philosophe à une idée précise, du sens qu’il veut donner a chaque élément de son énoncé,
Transmettre cette  idée n’est pas tâche aisée.
L’autre aspect de l’énoncée philosophique concerne la personne émettrice de la proposition. Il s’agit donc philosophe lui-même.
Le philosophe commet une erreur fondamentale, celle de son propre clonage.

Pour le philosophe, tout se passe comme si le lecteur était son clone. C’est dire que le lecteur doit comprendre le message,  l’intégrer, comme s’il était une extension du philosophe.
Le public auquel s’adresse le philosophe est forcément composite. La façon dont sera perçue la proposition philosophique va complètement différer en fonction des lecteurs.  C’est-à-dire de leurs traditions, leurs personnalités, leurs passés culturels, et de bien d’autres éléments très complexes.
Il y aura autant de perception du contenu d’un énoncé que de diversité.
Je voudrais insister sur le danger de phénomène de clonage.
Ceci va provoquer une terrible incompréhension. Le philosophe ne  comprend pas pourquoi cette théorie parfaite n’est pas couronnée du résultat espéré :
«  J’ai proposé une définition irréprochable de la morale, mais les gens continue à être immoraux »
la non-compréhension d’une proposition philosophique, n’aura pas de grandes conséquences si elle concerne un cercle restreint d’individus.
Exemple : la morale d’une philosophe célèbre sera perçue comme prodigieuse par les clones.  À l’inverse, elle fera l’objet d’une indifférence, d’un rejet parfois haineux  en fonction de la diversité des personnes concernés.
Les partisans de la morale kantienne pensent qu’elle est efficace, pour gérer de façon parfaite les relations humaines. A l’opposes les utilitaristes auront une option différente. Pour eux, peu importe une bonne volonté si elle n’est pas utile au plus grand nombre.
Les conséquences d’une bataille philosophique, voire de quelques injures entre entres les adeptes de chaque pensée sont minimes.
Il en est autrement quand le champ d’action est élargi a l’espace national et que l’énoncé philosophique s’apparente  à  d’une doctrine supposée résoudre les problèmes de l’humanité.
L’exemple de l’utopie communiste est assez éloquent :
« il suffit d’appliquer les théories marxistes pour que  tous les problèmes économiques soient  résolus, avec disparition des inégalités sociales ».
Les Russes  de l’époque de la révolution bolchevique formaient  un ensemble un hétérogène, de niveau culturel différent, de traditions différentes, de condition sociales différente, d’ambitions opposées.
Pour Lénine, Trotski et tous les autres, le peuple russe se devait d’être un clone d’eux-mêmes et qui se devait d’adhérer aveuglément  au marxisme. L’histoire nous a montré l’échec de cette démarche.
Par la suite Staline a compris qu’il fallait forcer le clonage. C’est-à-dire obliger les Russes à penser d’une manière uniforme. Les moyens utilisés font partie de ces moments honteux de l’histoire.
Il apparait donc que pour réussir pleinement, une proposition a besoin de rencontrer une pensée unique.
Si dans les pays non démocratiques, la pensée unique est une affaire de lavage de cerveau, de discours  répété et. Dans notre occident elle s’installe sournoisement, sous la pression des médias des politiciens, des intellectuels  de groupe de pression. Si le processus d’uniformisation de la pensée devait aboutir  dans notre Europe, alors on pourra craindre non pas seulement  les extrémismes, mais également  le blocage intellectuel qui profitera aux plus actifs fussent t il une minorité.
Tous les penseurs doivent accepter de prendre en compte la nature hétérogène des individus et ne doivent pas tenter d’en faire des clones homogènes a l‘identique  pour faire triompher  leurs idées. Cela concerne particulièrement les partis politiques avec leur cohorte de journaliste, d’intellectuels, philosophes, etc…
Le discoure philosophique risque de devenir un épiphénomène ou l’alibi d’un processus d’uniformisation  de la pensée.
Malheureusement les philosophes (Surtout quand ils sont médiatisés avec un talent certain de persuasion) continuent encore de s’accommoder de la pensée unique, voire orienter leur proposition en fonction de cette pensée unique.
Les conséquences risquent t d’être effrayants.

Le troisième élément à prendre en compte est le public auquel s’adresse à énoncé.
Comme il a déjà été souligné ce public a un vécu traditionnel, culturel, intellectuel différent. La façon dont sera perçu la proposition sont philosophique, peut aller de l’adhésion totale ou partielle, jusqu’au rejet simple et dans sa condition au rejet haineux voire même la violence, lorsque la proposition philosophique bouscule l’intégrité de la conviction des personnes.
Les philosophes doivent accepter  l’échec de leurs propositions, et  en analyser la cause.  Ils ne doivent pas participer un  processus d’ajustement  de la pensée juste pour voir leur idée triompher.
J’avais annoncé que trois paramètres au moins sont à prendre en considération. il existe en effet d’autres paramètres qui ont une importance cruciale. Ce sera  développé ultérieurement.

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